Patfawl, BD satirique et humour thérapeutique : interview de l'auteur par le site Faire Face

Retrouver ci dessous une interview publiée sur le site de Faire Face.

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Pierre Déalet, alias Patfawl, 25 ans, a un temps  collaboré à l’Humanité, au magazine Jazz News, à Paris Normandie, avant de contribuer à la création du magazine L’Handispensable, cette année, et au magazine satirique vendéen Le sans culotte. Après un premier livre satirique, Couac 40 (éditions Bruno Leprince), parlant d’un monde en crise, il vient de publier, aux éditions Grrr…Art, la BD Carnet de santé, première d’une série de huit tomes relatant son vécu de l’hôpital et des centres de rééducation. Soixante-deux pages d’autodérision et de cynisme, cruellement drôles, sans concession pour le milieu hospitalier.

Comment est née cette bande-dessinée ?
Je suis atteint d’une dysplasie fémoro-patelaire bilatérale de grade 4, une maladie congénitale et évolutive qui cause une malformation de mes rotules, et me fait boiter. Je serais l’un des seuls en France.
En 2011 et 2012, j’ai passé beaucoup de temps à l’hôpital et en centre de rééducation, pour de multiples opérations. Je dessinais ce que je voyais. J’ai rencontré d’autres patients. Nous étions une bande de rigolos, à nous moquer de ceux qui nous prenaient en pitié. Ils m’ont donné l’idée du livre, déjà sorti il y a deux ans en version numérique. Je n’avais pas trouvé d’éditeur acceptant d’en rire. Nous sommes pourtant plus de 10 millions de Français à souffrir d’une maladie, et il y a plus de 3 millions de professionnels de santé.

Vos dessins évoquent presque de la maltraitance à l’hôpital, avec ces scènes d’attente interminable, ces gens qui meurent dans un couloir… Est-ce la vérité ?
Tout est vrai. L’hôpital est cynique. Je me souviens de cette vieille dame dans son brancard qui appelait «mademoiselle», en cherchant à se faire entendre d’une infirmière, en vain. Un brancardier passant par là a juste regardé son numéro de sécurité sociale avant de la pousser, car il cherchait quelqu’un d’autre. C’est banal, mais c’est horrible, comme les Bidochons. Je pointe ce que les gens ne remarquent plus.

D’où vous vient cet humour, et le goût pour la bande-dessinée ?
La maladie fait mal physiquement et moralement, alors mieux vaut la tourner en dérision. C’est de l’humour thérapeutique, une protection. J’en ai subi, des moqueries. Mais tout a changé quand j’ai compris qu’en riant de moi-même, je mouchais les moqueurs.
Je suis aussi issu d’une famille qui adore l’humour. À 6-7 ans, je recopiais les caricatures de Plantu  que me découpait mon grand-père, sur Balladur, Jospin et Chirac, puis je me suis mis à prendre des cours de dessin.  À 17-18 ans, j’ai adoré l’humour noir de Pierre Desproges, notamment au sujet du cancer dont il est mort. Après le bac, j’ai fait l’école de bande-dessinée Jean Trubert, à Antony. C’est là que mes camarades m’ont surnommé Patfawl, pour ma patte folle ! J’ai trouvé mon propre style avec les conseils de Cabu et des autres dessinateurs que je rencontrais tous les lundis en stage à Charlie Hebdo. Propos recueilli par Élise Descamps

 

Carnet de santé, 10 euros

ou 3 euros en téléchargement sur http://carnetdesantepatfawl.over-blog.com

Source : Faire Face

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